Samuel Hood
Samuel Hood

 

 

                                  Un peu d' histoire


  

Situé au nord de St Lucie, la Martinique était la principale base française aux Antilles, avec son port principal Fort de France. 

 

les convois de marchandises venant de l’Atlantique ont invariablement approché le port de Fort de France depuis le sud. 

A un mile au large du village du Diamant s’élève un pic d’une hauteur de 600 pieds, formation rocheuse dominant la mer.

Il semblerait que les marins britaniques le nommèrent « Rocher de diamant », la roche inscrustée de sel scintillait quand le soleil frappait la pierre sous un certain angle.

Il faut noter que le village en face du Rocher se nommait déjà le Diamant et cela avant l’arrivée des Anglais.

Les Anglais ont ils été  influencés par le nom du village pour surnommer le Rocher ainsi ?

Le 6 Janvier, le CENTAUR, navire amiral du commodore Samuel HOOD, après avoir fait une courte apparition au large de Fort Royal, et échangé quelques coups de canon avec la batterie du Cap Salomon, se dirigea vers le Rocher, et ancra à 5 heures 30 du matin. C’était le Samedi 7 Janvier 1804.

A 8heures 30 ce même jour, le Lieutenant MAURICE et quelques hommes mirent pied à terre, tandis que deux petits navires s’en approchaient, prêt à faire feu si l’ennemi avait montré quelque activité sur terre.

Tard dans l’après-midi, un débarcadère était terminé et une navette s’établissait entre le CENTAUR et le Rocher, pour décharger outils, équipement et ravitaillement.

Le lendemain matin, à 8heures, des travaux de fortification commençaient sans tarder. Les batteries, une fois installées furent inscrites sur le journal de bord du Rocher du Diamant.

La première batterie, pointée vers le nord reçut le nom de « Batterie de la Reine ». La seconde, au pied d’une falaise orienté Nord-Est, était censée repousser les approches de la mer. Elle s’appela «  Batterie du Centaur ». Pour compléter la défense du Rocher, le Commodore HOOD envoya à ANTIGUES le navire de ligne HIPPOMENES, De 14 canons, commandé par Conway SHIPLEY, pour réquisitionner les deux pièces de 18 qu’il avait l’intention de placer au sommet.

A mi hauteur, environ à 70 metres d’altitude, était placé dans une grotte profonde la « batterie HOOD », canon de 24.

Au printemps 1805 Napoléon avaient réunis ses forces navales pour l'invasion de l'Angleterre

Cette épisode de l'occupation du Rocher a joué un rôle encore plus important et aurait pu avoir une influence sur la bataille de Trafalgar quelques mois plus tard.

 

Villaret Joyeuse
Villaret Joyeuse

Position inexpugnable, sous le règne du Roi Georges III, le Rocher se vit conférer par la marine britannique le titre honorifique de « navire de guerre » et devint le HMS (His Majesty's Ship) Diamond Rock. Cette épisode de l'occupation du Rocher a joué un rôle encore plus important et aurait pu avoir une influence sur la bataille de Trafalgar quelques mois plus tard.

  Le but de Napoléon était d’envahir l’Angleterre, voulant disperser la flotte Anglaise et effectuer plus facilement son débarquement en Angleterre, avait donné l’ordre à l’escadre de se diriger vers les Antilles afin d’y attirer les Anglais.

Villeneuve
Villeneuve

Lors d’une tempête dans le golfe du Lion qui empêcha les navires britanniques à maintenir leur surveillance, L’Amiral Villeneuve parvint à quitter Toulon et passer au travers du piège de Nelson le 29 mars 1805.

Sur ordre de Napoléon, il prend la direction des Antilles. Il arrive aux Antilles le 12 mai, et le 14  il est rejoint par les vaisseaux espagnols sous le commandement de l'amiral Federico Gravina. Commandant alors une force de vingt navires,

Pendant dix-sept mois, les troupes françaises tentèrent de reconquérir en vain le Rocher, mais en 1805, le gouverneur de l'île Villaret de Joyeuse, avec l'aide de l'amiral Villeneuve  confia cette mission à une division commandée par le capitaine de vaisseau  Kerjulien Cosmao, parvint à reprendre le Rocher aux Britanniques. La garnison, manquant de nourriture et d'eau (les citernes ayant été fissurées), se rendit aux forces françaises, le 2 juin 1805. 


 

MAURICE décida de se rendre lorsqu’il surprit ses hommes en train de boire leur propre urine. Il hissa alors le drapeau blanc et demanda les termes de la reddition.

            Le Major BOYER décrit la scène de la façon suivante :

« A quatre heures de l’après-midi, un messager en provenance du voilier « LA FINE  » arriva avec un drapeau blanc. Le Capitaine MAYNARD m’informa que la garnison Britannique avait demandé sa reddition. Nous ignorions ce fait, car de là où nous nous trouvions, il nous était impossible d’apercevoir le sommet du Rocher. Immédiatement, le Cessez- le-Feu fut ordonné. Deux Anglais descendirent, portant un drapeau blanc et nous annoncèrent leur intention de capituler. L’un deux était porteur d’une lettre de MAURICE, dans laquelle il offrait sa reddition pour arrêter l’effusion de sang. Immédiatement , les termes de capitulation furent rédigés et acceptés. J’ai alors envoyé le Capitaine BRUNET afin d’offrir de l’eau au Capitaine MAURICE.

« Le Capitaine MAURICE nous demanda à demeurer sur le Rocher jusqu’au lendemain matin, ce qui fut accordé. Au lever du jour, MAURICE descendit à la tête de sa garnison et passa sur le front de nos troupes, qui avaient été alignées le long de la batterie de la Reine. Tous les hommes déposèrent leurs armes et MAURICE, ainsi que les officiers, vinrent me remettre leur épée.

 

« Pour bien traiter un ennemi qui s’était qui s’était défendu avec beaucoup de courage et respecter la tradition Française de générosité, je fis remise au Capitaine MAURICE, ainsi que ses officiers, de leur épée et je me mis à leur disposition ».

« Les hommes qui composaient sa garnison étaient au nombre de 107 : la moitié fut envoyée à bord du PLUTON, tandis que les autres embarquaient sur le BERWICK ».

« Je fis ensuite inspecter tout le Rocher et nous basculâmes à la mer les canons de 18 qui se trouvaient au sommet. Nous immergeâmes la poudre et les munitions. Nous baissâmes tous les drapeaux Britanniques, laissant seulement les couleurs Françaises flotter au vent. Je déplore la perte de cinquante braves, qui furent tués lors de l’assaut, mais les difficultés de l’entreprise nous avaient laissé prévoir des pertes beaucoup plus importantes ».

Le lendemain matin, le Commandant MAURICE et ses officiers, furent transférés sur un navire de guerre, qui partit immédiatement pour l’Ile de la Barbade, MAURICE prépara un rapport sur la perte du Rocher du Diamant, adressé à l’Amiral NELSON, l’Officier le plus ancien et le plus gradé dans la Caraïbe. Il envoya aussi copie de ce rapport à Lord SEAFORTH. Ces documents furent remis à un navire rapide, le « VICTORY » qui appareilla immédiatement pour l’Angleterre.

Un coup de canon fut tiré de la Frégate « CIRCE » mouillée en baie de CARLISLE et le Pavillon de la cour martiale fut hissé.

Bien qu’il eut reçu de Lord NELSON une lettre d’encouragement, lorsqu’il fut introduit dans la cabine du « CIRCE », entouré de gardes et qu’il fit face aux cinq capitaines qui devaient le juger, MAURICE n’en menait pas large.

Le Capitaine Jonas ROSE de CIRCE, Président de cette cour Martiale, était assis au centre de la table, ayant à sa droite les Capitaines William CHAMPAIN du « JASON » et George TOBIN du « H.M.S. NORTHUMBERLAND », à sa gauche, les capitaines Joseph NOURSE et Richard HENDERSON, tous deux commandant de frégates. Le juge Avocat, Thomas HORT, était assis derrière le Président. Une chaise pour l’accusé, et d’autres pour les témoins, faisaient face à cette Cour Martiale. Lorsque MAURICE fut assis, plusieurs personnalités entrèrent dans la salle. L’une d’elles était le Gouverneur Lord SEAFORTH.

Le Juge Avocat lut l’acte d’accusation et plusieurs questions de routines furent posées à MAURICE, notamment sur la façon dont la défense du Rocher avait été assurée. Le lieutenant WADHAM fut ensuite appelé ( WADHAM était sur le Rocher lors de l’attaque Française ). Les mêmes questions lui furent posées, et il donnait les mêmes réponses que MAURICE. La Cour Martiale entendit également trois soldats, qui faisaient partie de la garnison.

Puis, la Cour se retira pour délibérer. MAURICE attendit une demi-heure dans cette cabine, où il faisait plus de trente cinq degrés.

Le verdict fut ensuite lu. L’épée de MAURICE, selon la coutume, placée en face du Président, et la garde lui faisant face, il se mit debout, au garde-à-vous. Le Juge Avocat, à son tour se leva et lut :

« Le Capitaine James WILKES MAURICE, les Officiers et la Compagnie du Navire DIAMOND ROCK on fait tout ce qui était en leur pouvoir pour la défense du Rocher, contre une force très supérieure en nombre, et par manque d’eau et de munitions, furent contraints à la reddition.

 

«  LA COUR, de ce fait, acquitte le Capitaine James WILKES MAURICE ».

 

                                         D’après : « his Majesty’s Sloop-of-War DIAMOND ROC »

                                                                         Par Vivian STUART & George T.EGGLESTON.

                        Cette partie de la reddition a été traduite  de l'Anglais par R.H.COTTRELL

 

 

 

 

             Le 29 Juin 1843, une Croix et une Vierge furent solennellement placées

Sur le Rocher.

            Notre Chapelain-Poète Pierre Grasselly célèbre encore en vers cet épisode

historique et son cadre lyrique :

 

       

 

 

 

 

                                 Assez loin de la côte et sourd à ses vacarmes,

                                 Dans l’écrin merveilleux d’un décor théâtral,

                                 Le Diamant reluit au soleil tropical,

                                 Quand l’éclat de midi prodigue, en mer, ses charmes,

 

                                 De nos jours, « le Rocher »ne connait plus d’alarmes,

                                 N’ayant pas de soldats, de Fort, ni d’arsenal,

                                 Mais la légende dit qu’une voix d’Amiral

                                 Y commande, la nuit, de longs maniement d’armes…

 

                                 Quoiqu’il en soit, l’Histoire a retenu son nom

                                 Superbe et glorieux, inscrit par le canon

                                 Des troupes qu’envoya Villaret de Joyeuse.

 

                                 Et le miroir des flots, lorsque le ciel est pur

                                 Semble le revêtir d’une chape soyeuse,

                                 Aux ramages d’argent, de sinople et d’azur.

 

 

 

Pendant la dernière guerre, en 1942, le Diamant devint une plateforme avancée de la stratégie militaire. Le Gouvernement avait, en effet, été averti que les Anglais et les Américains se préparaient à un débarquement en force à la Martinique. Un aéroport militaire avait été aménagé à Vieux fort, dans le sud de Sainte-Lucie et tout laissait croire qu’à la faveur des hostilités mondiales, un changement de nationalité nous menaçait.

 

 

               Des tranchées avaient été creusées sur la plage, qui avaient alors une bonne vingtaine de mètres de large, ombragées par une rangée de cocotiers, d’un bout à l’autre.

 

 

            Des projecteurs, installés à Castries et sur la côte Nord de Sainte-Lucie, balayaient le Diamant et sa plage de leurs faisceaux lumineux durant la nuit.

 

 

            On apercevait des périscopes de sous-marins allemands qui se cachaient parfois aux abords du Rocher. Des débris de cargaisons des navires qu’ils avaient coulés au large revenaient sur la côte. On retrouvait des caisses d’œufs, des plaques de caoutchouc brut, etc…. et souvent les pêcheurs rapportaient des marks à échanger à la mairie, paiement du poisson acheter là-bas, à Miquelon, qui révélaient sans fard, l’origine de leur client !

 

 

            Aujourd’hui le bruit des armes s’est tu, celui des moulins aussi. La rouille les recouvre, des ruines les entourent.

 

 

            Des toits fleurissent dans les anciens champs de canne à sucre, rendus improductifs par la pauvreté du sol et le faible rendement des cultures.

 

 

            Le Diamant, brillant, coquet, s’oriente désormais vers l’exploitation de ses beautés naturelles : richesses touristiques.